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Jérôme SOLDANI (吳傑弘)

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Titulaire d’un doctorat en anthropologie à l’Université Aix-Marseille (anciennement Université de Provence, à Aix-en-Provence), actuellement ATER au département dʼethnologie de lʼUniversité Paul-Valéry Montpellier 3 après avoir été post-doctorant à l’Université d’Ottawa (Canada) attaché à la Chaire en études taïwanaises d’octobre 2012 à août 2013, puis à lʼInstitut dʼhistoire de Taïwan, de janvier 2014 à décembre 2015, je suis également membre associé à titre principal du Centre dʼÉtudes et de Recherches Comparatives en Ethnologie (CERCE) et chercheur associé à l’Institut d’Asie Orientale (IAO, laboratoire CNRS, UMR 5062) et à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC, laboratoire CNRS, UMR 7307). De 2007 à 2010, j’ai été membre du Groupe Français de Recherche sur Taiwan (CNRS, GDR n°2991). Depuis octobre 2014, je suis président de lʼAssociation Francophone dʼÉtudes Taïwanaises (AFET).

Ma thèse de doctorat, soutenue en 2012 et intitulée La fabrique d’une passion nationale : Une anthropologie du baseball à Taïwan, est une étude anthropologique de la société taïwanaise par le prisme du sport. En retour, le cas taïwanais vient enrichir une réflexion plus générale sur l’anthropologie et l’histoire des sports. La problématique centrale de ma thèse est de savoir comment les Taïwanais fabriquent-ils au quotidien « leur » baseball, en tant que pratique et ensemble de représentations sociales. Cette construction recoupe trois logiques interdépendantes : le processus de diffusion de la pratique, la façon dont elle est vécue au quotidien par ses acteurs (pour qui elle constitue un véritable mode de vie), et les modalités d’identification dont elle est une forme d’expression privilégiée.

L’anthropologie que j’élabore est moins une anthropologie du sport en lui-même qu’une anthropologie par le sport qui entend observer les sociétés par le prisme des pratiques sportives qu’elles ont adoptée et la façon dont elles se les sont réappropriées. Loin de se limiter au champ sportif lui-même et aux dimensions proprement techniques des pratiques étudiées, mes recherches envisagent le sport comme un phénomène socioculturel transversal qui permet de lier entre eux des domaines tels que lʼentreprise, lʼautochtonie, le rituel, le corps, lʼimaginaire et la globalisation. Le sport a proprement parler nʼest donc pas lʼhorizon de mes investigations, mais simplement un point de départ qui permet dʼobserver et de penser les multiples transformations et variations qui travaillent les groupes sociaux au quotidien, depuis les grands événements qui mettent directement en relation des millions dʼindividus jusquʼaux aspects les plus triviaux.

Mes recherches les plus récentes portent sur la réappropriation singulière, et par certains aspects extrêmes, du volley-ball par les Bunun, une population austronésienne vivant dans les hautes montagnes du centre de Taïwan. Sport favori de la communauté presbytérienne, qui est majoritaire au sein de ce groupe, le volley-ball est devenu une pratique symbolique, tout comme le baseball à lʼéchelle du pays, avec de forts enjeux identitaires. Transformé occasionnellement en un jeu communautaire aux règles différentes du modèle de référence (il se joue avec deux ballons simultanément et oppose des équipes de plus de quinze personnes), il est devenu un lieu où sʼopère la reconfiguration de la société bunun dans le contexte contemporain et la recomposition du paysage religieux, notamment à travers les dimensions prosélytes de la pratique.

Institutionnalisés et normatifs par essence, les sports sont souvent perçus comme les vecteurs, à lʼéchelle globale, dʼun cadre homogène de valeurs. Les pratiques sportives sont néanmoins localement lʼobjet de transformations qui peuvent correspondre, parfois conjointement, à une inscription spécifique dans les institutions locales, à lʼélaboration dʼun style de jeu distinctif ou à une réinterprétation radicale conduisant à la modification des règles du jeu. Au travers de trois axes principaux, il sʼagit dʼétudier, dans le contexte de Taïwan, les reconfigurations sociales à lʼœuvre dans les réappropriations des sports. 1) En quoi les transformations des pratiques sportives accompagnent-elles les processus de construction identitaire et les relations entre groupes socioculturels ? 2) Quelles relations entretiennent les individus ou les groupes avec les institutions et les valeurs dans lesquelles sʼinscrivent les sports ? 3) Ni simple forme de résistance à la globalisation, ni symptôme dʼune uniformisation culturelle, en quoi les transformations des pratiques sportives offrent-elles un registre où les acteurs peuvent se redéfinir, individuellement et collectivement, et réinterpréter leur rapport au monde ?

Fonction et institution


- Attaché Temporaire dʼEnseignement et de Recherche (ATER) au département dʼethnologie de lʼUniversité Paul-Valéry Montpellier 3.
- Membre associé à titre principal du Centre dʼÉtudes et de Recherches Comparatives en Ethnologie (CERCE, EA 4584-E1, France).
- Chercheur associé à l’Institut d’Asie Orientale (IAO, laboratoire CNRS, UMR 5062, France).
- Chercheur associé à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC, laboratoire CNRS, UMR 7307, France).
Domaines disciplinaires


Anthropologie
Spécialité


Les pratiques sportives et leurs réappropriations à Taiwan
Projets de recherche


Les transformations contemporaines de la société taïwanaise à travers les jeux et les sports.
Projet de recherche
Curriculum Vitae


Liste des publications


Publications en ligne


2017, « Ce que les régimes de temporalités peuvent nous apprendre sur les sports », Temporalités, n°25

2016, avec Ghislaine Gallenga et Steven Sampson, « Business Ethics : A Double Bind ? », Journal of Business Anthropology, Special Issue : Business Ethics, n°3 : 1-6.

2016, « Playing with Morality : Business Ethics of a Professional Baseball Club in Taiwan », Journal of Business Anthropology, Special Issue : Business Ethics, n°3 : 40-53.

2013, avec Ghislaine Gallenga, « Lectures anthropologiques de l’éthique entrepreneuriale », Moussons, n°21.

2013, avec Ghislaine Gallenga, « Introduction. Jalons pour une anthropologie de l’éthique entrepreneuriale en Asie du Sud-Est », Moussons, Numéro spécial : Lectures anthropologiques de l’éthique entrepreneuriale, n°21 : 5-19.

2013, « “Nous sommes tous frères”. Les valeurs des Elephants de Brother, club de baseball professionnel à Taiwan », Moussons, Numéro spécial : Lectures anthropologiques de l’éthique entrepreneuriale, n°21 : 79-99.

2011, « Pourquoi les Taïwanais jouent-ils au baseball ? Étude diachronique d’une diffusion réussie », Ethnologie française, Numéro spécial : Diffusion des sports, n°41-4 : 677-689.

2011, « Du côté des tribunes. Supporter une équipe de baseball professionnelle à Taïwan », Les Cahiers de l’idiotie, Numéro spécial : Baseball, n°4 : 65-116.

2011, « Andrew D. Morris, 2010. Colonial Project, National Game. A History of Baseball in Taiwan. Berkeley, Los Angeles, University of California Press ». Perspectives chinoises, 2011/3 : 101-102.

2011, « Andrew D. Morris, 2010. Colonial Project, National Game. A History of Baseball in Taiwan. Berkeley, Los Angeles, University of California Press ». China Perspectives, 2011/3 : 92-94 (en anglais, traduction N. Jayaram).
Langues étrangères pratiquées


- Français : langue maternelle.
- Anglais : courant.
- Chinois : courant.
- Taïwanais : lu, écrit, parlé.
- Allemand : notions.
- Bunun : en apprentissage.
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