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Colloque international : L’instant et l’essence de l’inspiration à la croisée des arts et des cultures

Du mercredi 27 au vendredi 29 juin 2018, colloque international : L’instant et l’essence de l’inspiration à la croisée des arts et des cultures, Co-organisé – en partenariat interdisciplinaire, interculturel et interuniversitaire – par les centres de recherche IReMus (CNRS/Sorbonne université, BnF et Ministère de la culture), Creops (Sorbonne université), CERC (Sorbonne nouvelle Paris 3), CEAC (EA 3587, Université Charles de Gaulle Lille 3, IAO (Université Lumière Lyon 2 /CNRS/ENS Lyon) et AAP (Université Rennes 2) et l’AIDIAA (audiovisuel).

Lieu : INHA (Institut national d’histoire de l’art), Auditorium et salle Walter Benjamin, 2 rue Vivienne / 6 rue des petits champs, Paris 2e (Métro : Bourse ou Pyramides ; Bus : 29 et 39)

Le concept d’inspiration est étudié en Occident depuis l’Antiquité (cf. Marianne Massin, La pensée vive, qui traite l’histoire du concept dans la création philosophique et littéraire ‒ mais de façon restreinte à l’Occident et sans ouverture aux autres arts). En Asie, l’inspiration n’a pas été conceptualisée en tant que telle : il y est plutôt question de sensation, d’intuition, d’éveil subit. En Chine et en Corée, bien qu’il soit fait référence à des facteurs déclenchants ‒ du type, en sciences, « pomme de Newton » ou « baignoire d’Archimède » ou, en arts, par exemple Zhang Xu, calligraphe des Tang, qui trouve un nouveau style, la cursive folle, au spectacle d’une danse au sabre ‒ tout acte de création est d’abord considéré comme produit du souffle vital et de l’imprégnation. Au Japon, l’accent est mis sur la tradition secrète et le processus artistique (quel que soit l’art) fait appel à l’expérience non dite et à la réceptivité (posture en seiza, kata, cf. Hiroyuki Noguchi). En Inde, la méditation et la visualisation mentale des formes de la divinité précèdent et favorisent la réalisation des images…

Que l’inspiration résulte d’une préparation consciente (valeur du temps), de l’attente, de la prédisposition à son déclenchement, ou d’une fulgurance tangentielle émanant de la rencontre entre l’intériorité de l’artiste et une extériorité, on en cherchera les manifestations, les occurrences, les conditions d’émergence et la façon dont elle se déploie dans le cas où cette extériorité est un autre art ou une autre culture. Ce qui donne son titre au colloque : Instant et essence de l’inspiration à la croisée des arts et des cultures.

Il s’agit d’analyser le mystère de cet instant, en ayant conscience que « toutes les tentatives d’explication psychologique de la création ‒ avant tout de la création artistique ‒ sont en un sens vaines, en un sens nécessaires » (Maldiney, Art et existence, p. 36). Pour décrire ce moment imprévisible de franchissement d’une « faille », le « saut » qui s’accomplit entre deux « bords » (ibid.), par persévérance ou fente-déchirure dans les nuages (laissant passer l’éclair ou entrevoir le soleil), on s’appuiera sur les écrits tels que considérations philosophiques, témoignages d’artistes, paratextes, traces dans l’oeuvre… (cf. Jankélévitch, Debussy ou le mystère de l’instant ou Sikong Tu, 缜密 Fin secret, 14e de ses 24 poèmes sur l’art poétique) et les relations d’expérience empirique (André Labarthe à propos de « Tapiès, Barcelone », 1982).

Programme sur : https://langarts.hypotheses.org/2449